BIENVEILLANCE,  SIMPLICITE / NATUREL

Retour sur un confinement ou l’art de voir les choses autrement

Chère Harmonie,

Je t’ai lâchement abandonné juste avant le confinement, est-ce que je sentais que tout allait être différent et que je m’y préparais ? Absolument pas ! Par contre ma connexion internet, peut-être… Nous avons passé tout le mois de mars avec une box qui fonctionnait 10 min toutes les deux heures. Autant te dire qu’au bout d’une semaine, j’ai tout lâché. Et ça m’a fait du bien de n’aller ni sur Instagram, ni sur Facebook (ou vraiment très peu, on ne dégage pas une addiction comme ça quand même) et de ne consulter mes mails que rapidement. 

Quand ma connexion a repris du poil de la bête, c’était comme si toute envie m’avait quitté d’alimenter ce blog, comme si tout ce que j’avais à dire, tout ce que j’avais prévu de te raconter était finalement insignifiant et inadapté. Je me sentais dans l’incapacité de venir t’écrire ici. Je n’avais rien à dire.

Exprimer ses émotions autrement

Avec tous ses événements, je me suis mise dans une bulle et j’avais bien du mal à en sortir pour exprimer mes émotions. Je me suis donc mise à l’aquarelle et ça m’a fait beaucoup de bien… 

J’ai suivi la formation de @clairdelune. Dans une de ses vidéos, elle partage sa conviction que peindre à l’aquarelle permet de diffuser nos émotions. C’est une technique à l’eau et comme nous sommes composés à 70 % d’eau… C’est d’ailleurs vrai, comme beaucoup de forme d’art, l’aquarelle est une forme de thérapie, mais le fait de voir les couleurs se diffusaient dans l’eau a comme un pouvoir magique… Et d’ailleurs, dans le tarot, on associe les coupes et donc l’élément eau aux émotions comme quoi pas de hasard ! 


Et toi, Cher Lecteur, comment as-tu exprimé tes émotions pendant cette étrange période ? Dis-moi tout ! 

Se connecter aux autres différemment

J’ai expérimenté autre chose pendant ce confinement. Il s’agit fait que bizarrement, je ne me suis jamais plus senti en lien avec les autres. On avait beau être éloigné dans le physique, j’étais plus que jamais connecté à mes semblables en fin de compte. Si j’étais plus loin que jamais de mes proches et du monde du fait de m’être coupé des réseaux, des informations (trop anxiogène), en réalité je n’ai jamais eu autant de nouvelles de ma famille. Je n’ai jamais passé autant d’heures pendue au téléphone. Nous étions séparés par la distance, mais clairement pas par la pensée et le cœur. Nous étions tous reliés par quelque chose de plus grand que nous, même si c’était quelque chose de difficile, et même de dramatique… Et ça, ça remet tout en perspective ! 
Etre en harmonie avec les autres ne signifie donc pas être proche, mais ressentir ensemble, car je crois bien que c’est ce qui a tout changé. Nous étions tous dans la même incertitude, la même inquiétude, les mêmes interrogations et nous nous comprenions plus que jamais. 
As-tu ressenti de ton côté une chose similaire ? 

Se détacher de la pression de productivisme

Ce qui m’a aussi beaucoup heurté pendant cette période, c’est le besoin de rendre « productif » le confinement. Une pression folle est sortie de cette période de ralentissement forcée. Il y avait d’ailleurs une partie de moi qui avait envie d’en « profiter » pour faire toutes ses choses que je remets sans cesse à demain comme justement me mettre à l’aquarelle, ou faire mon levain et mon pain maison. De la même manière, je me sentais plus fatiguée, sensible et fragile que jamais. Tout me demandait plus d’effort. Je me sentais coupable de ne pas faire autant de choses que j’aurais voulu. 

Je vous met le compte instagram que je suis sur le sujet du pain maison 🙂 : https://www.instagram.com/vilainlevain/


Il m’a fallu quelques jours pour réaliser que la fuite en avant que notre société prône avait réussi à m’envahir. Et ce, alors même que je lutte, sans cesse, contre ses diktats. Je tentais depuis le début de voir le positif dans cette période, un moment béni où on se rendrait tous compte de ce qui compte véritablement. J’espérais qu’à la fin de tout ça, une volonté de changer de paradigme, de sortir de cette société mortifère dirigée par le capitalisme s’élèverait. Et puis j’ai réalisé que, encore une fois, je m’empêtrais dans les diktats de cette même société. Alors même que je veux m’extirper, m’en détacher.

Nous avons tellement appris à devoir « faire », à être « productif », à « utiliser au mieux » notre temps que c’est ancré profondément en nous. Si bien qu’elle s’insinue en nous sans qu’on s’en aperçoive. Cette pensée nous pourrit nos week-ends et tous nos moments de repos. 

Alors oui, j’ai fait de la broderie, de l’aquarelle et du pain maison, mais je n’ai aussi pas fait le ménage, pas suivi mes formations en cours, pas écrit une seule ligne. C’est pour ça que j’ai un peu regretté de vous avoir partagé mes essais broderies… Il n’y a pas de course à celui qui a fait le plus de tri, ou de gâteau ou de sport… Pas de compétition ! 

Sortons de cette logique, arrêtons de vouloir être productif, qui a décidé qu’on devait « utiliser au mieux » notre confinement et notre temps en général ? Détachons-nous de cette course à la performance, car elle n’a aucun sens. Vous/Nous avons le droit de ne rien faire et c’est ok ! 

De l’importance de la nature

Je ne sais pas si vous entendez parler de cette notion ? Elle est très utilisée dans le domaine de la « spiritualité ». Pour moi, c’est le besoin qu’en tant qu’être de chair nous avons à nous connecter à la terre, à la matière, au concret. 

On nous a appris à valoriser la tête, l’intellect, la pensée ! Notre société considère le corps :

  • soit comme un objet, un bien qu’on possède qu’il faut rendre à tout prix beau sans trop l’exhiber (surtout si on est une femme),
  • soit comme quelque chose de sale ou du moins quelque chose de secondaire.   


On nous conseille donc de nous ancrer en allant dans la nature, en touchant des arbres, en jardinant ! Durant le confinement, j’ai ressenti le besoin de m’ancrer de façon vraiment forte. J’avais besoin de mettre les mains dans la terre, de toucher des arbres… Mais les balades en forêt et dans les parcs étaient interdites. J’ai donc beaucoup jardiné. J’ai la chance d’avoir une terrasse et d’avoir trouvé au fond de mon garage de quoi rempoter et faire des semis. 


Pour autant, j’ai constaté qu’on pouvait s’ancrer autrement. J’ai réalisé que toutes les activités manuelles le permettaient. Pour moi ce n’est pas un hasard, si j’ai eu envie de faire mon pain et mon levain moi-même, que j’ai choisi cette période pour faire de l’aquarelle, ou de la broderie de façon très régulière. Toutes ces activités ramènent au corps et nous connectent à la nature. 
As-tu constaté cela aussi ? 

Ce qui compte vraiment

Aujourd’hui, la peur remonte malgré la fin du confinement. Ce qui m’a le plus inquiété durant cette période troublée, c’est que cet épisode inédit ne nous serve pas à en sortir grandir, mais nous enfonce. Je craignais et crains toujours que nous repartions dans les travers de la mondialisation, de l’économie de marché et du capitalisme…

Alors oui je ne t’ai pas écrit pendant plus de deux mois. J’ai traversé comme tout le monde des moments d’angoisse, des moments d’espoir, des moments de joie et de communion ou de grande tristesse… 

Mais j’ai décidé de croire que cela nous a rappelé ce qui compte vraiment : (liste non-exhaustive)

  • Notre première maison est notre corps et il est important de l’écouter et le reposer, de se reconnecter à lui, de faire la paix… 
  • Notre seconde maison, celle dans laquelle nous vivons tous est la terre. Nous sommes tous interdépendants et nous devons nous soutenir et la soutenir, nous avons besoin d’elle pour se sentir vivant 
  • Tout est cyclique, il est temps de cesser de vouloir tout contrôler, mais d’accepter enfin le flux de la vie. Certains jours on est plein d’énergie et d’envie de créer et de faire. D’autres, on binwatche des séries sur Netflix, affalé dans son canapé. C’est toujours ainsi ! Surtout pour nous les femmes, avec notre cycle menstruel, mais c’est ainsi pour tous les êtres. Tout est alternance et changement permanent (merci ma formation @ritesdefemmes). Il est temps de lâcher la performance linéaire qu’on s’impose pour être compétitif en toute circonstance. Je finirais sur cette vidéo, car elle dit tout, soyons doux avec nous-mêmes !
  • Nos émotions ont besoin d’être exprimé et nous avons le droit de les ressentir toutes ! 
  • On peut faire beaucoup avec peu, il y a beaucoup de chose inutile dans nos vies. 
  • Le temps qu’on s’accorde est le plus important.
  • … À toi de compléter cette liste… 

Harmonie, je crois t’avoir un peu retrouvé pendant ce confinement, alors qu’on aurait pu penser le contraire… Tu n’es pas là que dans les moments faciles, loin de là. C’est pour cela que je souhaite faire du chemin à tes côtés et prendre tout, le bon comme le mauvais et continuer à avancer… 

Ellega

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