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Problèmes d’auteurs : procrastination et autre douceur du genre

Chère Harmonie,

J’ai envie de te parler de certains de mes déboires d’auteure. Ce sont d’ailleurs des problématiques que je ne rencontre pas que dans l’écriture, mais dans toute ma vie en général. En effet, je crois, que chaque obstacle qui nous ralentit dans un domaine s’applique souvent à un spectre de notre vie bien plus large. Je pense qu’un problème qui nous met en difficulté, quelque part, révèle souvent une ombre bien plus profonde qu’il n’y paraît au premier abord.

Alors si certaines activités cristallisent davantage certaines problématiques, il est important pour moi de s’y pencher. Les domaines artistiques les mettent particulièrement en évidence, et l’écriture en fait partie. Ces activités nous connectent avec des parts inconscientes de notre être, c’est pour cela que nos ombres en émergent plus.

Les mots écrits parlent souvent bien plus de ceux qui les lisent et ceux qui les écrivent que de ce qu’ils racontent en tant que tels. Oui, quand on écrit, on se rapproche plus facilement de notre inconscient, de nos ombres et de tout ce qui nous entrave dans la vie.

Dites moi comment vous écrivez et je vous dirais qui vous êtes. Ça peut paraître idiot dit comme ça, mais c’est plutôt vrai. Alors qui êtes-vous ? Qui suis-je ? Qu’est-ce qui m’entrave dans mon écriture et donc dans ma vie ? Je vais vous parler de tout cela et j’espère que cela fera, peut-être, écho à vos propres problématiques.

J’ai identifié 4 points en particulier qui s’enchaînent et forment un cercle vicieux. Ce cercle vicieux aboutit au drame de toute personne : ne rien faire ou presque et entretenir toujours plus ce fameux cercle. Ces 4 points s’appliquent à moi, mais j’espère que cela fera écho pour vos propres projets. Comme toujours, je pense que savoir et comprendre aide à dépasser certaines choses, même si ça ne règle pas tout !

Les 4 problèmes

Les pensées auto-saboteuses

C’est le premier problème qui survient dès qu’on veut se lancer dans quelque chose de nouveau, mais aussi à chaque nouvelle étape d’un projet. Nous pensons sans arrêt dans une journée et c’est bien normal, le problème est que la plupart d’entre nous, moi y compris avons tendance à penser des choses négatives sur nous-mêmes ou des pensées qui ne nous servent pas pour ce que nous voulons faire à ce moment précis. 

Les premières, je les appelle, les pensées auto-saboteuses. Est-ce que tu vois, desquelles je parle, Harmonie ? Ce sont toutes ces pensées du type : 
– « Tu n’es pas assez ci, tu es trop ça », 
– « De toute façon, tu n’es pas capable de… » 

C’est le petit bonhomme qui pédale à toute vitesse sur son vélo. Ces pensées engendrent petit à petit une auto-persuasion, on finit par croire vraiment qu’on n’y arrivera pas et elles nous découragent. 

Les secondes sont les pensées parasites liées au quotidien, aux problématiques qu’on traverse. Ce sont ces listes de choses à faire, le passé qu’on ressasse, ou encore les inquiétudes qui occupent toujours un coin de notre esprit.

Toutes ces pensées entremêlées empêchent aussi de rester concentré. Même quand on a réussi à ne pas s’accrocher aux pensées négatives pour se lancer, les autres pensées reviennent en boucle et nous détourne à la moindre occasion de ce qu’on veut vraiment faire. Elles nous poussent à vérifier nos mails sans arrêt, à sauter sur la moindre notification pour faire autre chose…

Le perfectionnisme

Une autre difficulté courante, je crois, est le perfectionnisme. Cette idée que si on fait quelque chose, il faut que le résultat soit parfait. Or, on sait tous que la perfection n’existe pas et pourtant, on s’attache à cet idéal.

Il faut arriver à faire le distinguo de faire au mieux, le mieux possible et la notion de perfection. Il faut accepter que l’on fasse de son mieux et que c’est bien assez. Et ainsi cessez d’entretenir ses pensées auto-saboteuses que j’ai abordée juste avant. 

Cette tendance à chercher une illusoire perfection conduit irrémédiablement à l’étape suivante du cercle vicieux. Comme on ne sent pas capable d’atteindre la dite perfection à cause de nos pensées auto-saboteuses, on imagine déjà notre l’échec.

La peur de l’échec

On en vient au cœur du sujet. Ce qui nous bloque tous, ou la plupart d’entre nous, dans nos projets, nos rêves et nos ambitions. J’ai nommé la peur. Mais la peur de quoi ? La peur de l’échec surtout, même si la peur a de multiples facettes.

Notre mental s’emballe : 
– Serais-je seulement capable d’y arriver ? 
– Pourrais-je dénouer tous les nœuds de mon intrigue ? 
– Et même si j’y arrivais au prix de gros efforts, de longues heures passées à me triturer le cerveau, est ce que seulement cette histoire plaira ?

C’est ce genre de questionnement qui s’insinue dans notre esprit à tel point qu’on finit par y croire et se retrouver complètement paralysée sans même plus savoir pourquoi. C’est tellement enfoui en nous que nous ne savons même plus ce qui nous empêche de faire ce qui nous tient vraiment à cœur.

Il faut sans arrêt se rappeler que le seul moyen d’échouer en vérité, c’est de ne rien faire pour réussir et que tant qu’on persiste, on n’a pas encore perdu.

Pour moi, c’est clairement la peur de l’échec qui me pousse à procrastiner encore et encore. Et la procrastination est la dernière étape du cercle vicieux. 

La procrastination

La procrastination est le fait de toujours tout remettre à demain et de céder à des plaisirs immédiats plutôt que faire ce qui nous fait peur ou nous paraît difficile à atteindre. C’est typiquement le fait d’allumer Netflix alors qu’on voudrait avancer dans sa réecriture de roman… (Non je ne parle pas de vécu du tout, vous me connaissez… Mais ça peut-être aussi simplement de scroller sur Instagram ou de faire une fournée de cookies… )

Je ne vais pas vous parler des moyens pour se débarrasser de cette fâcheuse tendance. Les internets regorgent de conseils pour cela et personnellement même si certaines sont efficaces, cette vilaine manie revient vite au galop à la moindre anicroche.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la procrastination est une manière de défense naturelle. Si on a quelque chose à faire qui nous coûte, notre cerveau tente à tout prix de nous en détourner, c’est en fait une attitude de survie à la base. Elle ne devient un problème que lorsque cela nous empêche d’atteindre nos objectifs qui eux nous apporteront une vraie satisfaction et non un plaisir immédiat.

La procrastination est le sommet de l’iceberg des 3 autres problèmes. On peut souvent rester à ce niveau et penser que son seul problème est la procrastination, mais je vous invite vraiment à aller au-delà de celle-ci, à creuser la source. Car comme pour toute problématique, si on ne règle pas la cause profonde de sa survenue, il réapparaît sans cesse. 

L’impact de ce cercle vicieux

Les pensées auto-saboteuses et le perfectionnisme entraînent la peur de l’échec, qui peut devenir si grande qu’elle nous paralyse complètement. La procrastination s’installe alors définitivement et soit :

On ne commence jamais rien

Ainsi, nos pensées auto-saboteuses se réalisent, notre peur de l’échec également. De nombreuses personnes qui rêvent d’écrire ne commencent donc jamais leur roman.

Pour moi, c’est un peu différent car la procrastination me conduit à :

Ne jamais aller au bout de ses projets

C’est ma principale problématique à l’heure actuelle. Je la rencontre depuis quelque mois/années est celle de ne jamais aller au bout de mes projets. J’ai toujours beaucoup d’idées, mais je ne les concrétise jamais. Ce blocage a débarqué avec ma première fausse-couche et c’est à partir de là que j’ai fait le lien entre la création de projet/artistique et l’utérus, mais je pense y consacrer une lettre dans quelque temps. Je serai intéressée si vous avez pu faire des liens similaires au mien. 

Comment s’en sortir ?

C’est bien beau, Harmonie, mais maintenant qu’on a bien compris qu’on se trouve dans un cercle vicieux, on fait comment pour s’en départir. En vérité, je n’ai pas la réponse, loin de là. Et les techniques pour « changer » ses pensées et se libérer de sa peur de l’échec, relève bien plus du développement personnel que de l’écriture. Je vous en parlerais très mal, mais je vous conseille les podcasts de Esther Taillifet et « Oui, change ma vie » qui évoque notamment le modèle de Brooke Castillot qui déroule pensée-émotions-action ou inaction, et la prophétie auto réalisatrice. Je vais dans cette lettre parler de choses plus simples, des petites techniques pour aider même si ça ne remplace un travail de fonds, ça permet de ne pas rester coincée dans l’impasse du « je ne commence rien » ou du « je ne finis rien ».

Trouver des stratégies de contournement 

Pomodoro

Personnellement, ma principale technique est de celle qui s’appelle Pomodoro. Cette technique consiste à « travailler » par section de 25 min. 25 minutes seraient le temps maximum où notre cerveau arrive à rester concentré, on se laisse ensuite 5 minutes pour faire le tour de ce qui nous perturbe d’habitude, mais aussi se détendre, se faire un thé ou autre avant de reprendre 25 min. Cette méthode est très efficace, car elle permet de travailler par session et ensuite se récompenser par un plaisir immédiat.

Désactiver les notifications / bloquer les accès aux réseaux sociaux

Mettre son téléphone sur silencieux voir hors ligne. Écrire sur des applications comme scribbook. Il existe aussi, il me semble, des applications pour bloquer son ordinateur sur un seul fichier, mais je n’en ai jamais essayé. Si vous en connaissez des efficaces, je prends néanmoins.

Ce n’est pas parfait, mais ça a le mérite d’exister

Cette philosophie est la seule chose que j’arrive à penser pour lutter contre mon perfectionnisme. J’ai beaucoup de mal à lâcher sur l’idéal que je voudrais atteindre, c’est sans doute mon ascendant vierge qui s’exprime, alors si vous avez des idées, je les prends volontiers.

Se fixer des dates butoirs

Cette technique fonctionne bien pour des petits projets ou des petites étapes. C’est de cette manière que j’arrive à lâcher de ces lettres, je sais qu’elles ne sont pas parfaites et je l’accepte. Car avant tout, je me fixe une date limite pour publier tant pis si ce n’est pas aussi abouti que je le souhaiterais. Mais c’est aussi une technique à double tranchant, car si on ne respecte pas sa date, alors on risque de s’auto-flageller et repartir dans les pensées auto-saboteuses. 

Se féliciter 

Alors il est aussi très important de se féliciter quand on a réussi à écrire, même si ce n’est qu’un petit peu. Chaque petit pas nous rapproche de notre objectif, il est important et nécessaire de les souligner, d’en avoir conscience. Pour se féliciter, il y a plein de choses à faire, c’est en fonction de ce qui nous fait plaisir. On peut retourner la procrastination à notre avantage, en faisant ce qui nous procure un plaisir immédiat après avoir réussi à écrire, entre chaque session de 25 min, s’accorder 5 min pour manger un morceau de chocolat et au bout de 4 sessions de 25, s’accorder un épisode de notre série en cours.

Mais au-delà de se féliciter, il est important aussi de…

Reconnaître ses limites personnelles

Nos capacités ne sont pas toujours les mêmes. Nous sommes tous cycliques. Certains jours l’inspiration arrive à foison, mais on n’arrive pas à se canaliser. D’autres jours, elle est totalement absente. Parfois, l’inspiration et la concentration vont de paire et on peut écrire aux kilomètres, toutes les problématiques se dénouent comme par magie. On peut avoir envie alors de vouloir toujours être dans cet élan, et juger tous les autres jours à l’aulne de ceux-ci, mais ça serait injuste pour nous-mêmes.

Nous ne sommes jamais identiques et dans les mêmes dispositions et il faut en tenir compte pour être doux avec nous-mêmes. Il faut tenir compte d’un certain nombre de facteurs :

  • La fatigue
  • Notre état de santé en général
  • Les épreuves que nous traversons
  • Les émotions qui nous submergent
  • Les inquiétudes plus vitales qui monopolisent notre cerveau
  • La saison
  • L’heure de la journée
  • La charge mentale et physique du moment
  • Certains moments du cycle menstruel pour les personnes qui en ont un.

Je ne vais pas détailler tous ces points, mais quand vous n’avez pas été aussi productif-ve que vous le souhaitiez. Prenez le temps de réfléchir à ce point et vous verrez qu’au vu de tout ça, ce n’est pas si grave et que c’est plutôt normal que nous ne soyons pas toujours à 100 % dans nos projets créatifs. Prenez aussi en considération, le fait que ces choses sont, parfois des limites et en d’autres circonstances/moments, ce sont des grands avantages. Les émotions difficiles peuvent nous permettre de mieux décrire certaines choses dans nos histoires, les épreuves peuvent nous donner l’inspiration, la puissance du cycle menstruel nous permet de mieux nous connecter à nous-mêmes ou d’être plus créative et productive.

Ainsi, je me débats chaque jour avec mes propres pensées, peurs, j’essaye de reconnaître mes limites, mais de ne pas me laisser maîtriser par elles. Parfois, j’y arrive et souvent, non. Oui, je suis déçue quand je n’ai pas réussi à avancer comme je l’aurais voulu, mais je l’accepte plutôt que de me flageller.

Je n’ai pas encore découvert la technique qui me permet de définir mes objectifs d’une façon parfaite pour tenir compte à la fois de mes limites (qui sont aussi des avantages). J’essaye, en ce moment, de prévoir mes objectifs en fonction de la lune (via la formation tarot lunaire de @papoteetlunaison) et en fonction de mon cycle menstruel (grâce au livre la femme optimale de Miranda Gray), j’essaye parfois aussi de tenir compte de la numérologie et j’espère un jour trouver une méthode qui me permette de ne plus être déçue de moi-même et de profiter de mes avantages quand le moment est opportun. Est-ce que tu en as une toi ? 

Ellega

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