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Et si notre arbre généalogique pouvait nous révéler des choses ? Connaissez-vous le transgénérationnel ?

Chère Harmonie,

As-tu déjà entendu parler de transgénérationnel ? Ou de psychogénéalogie ? Peu importe ta réponse à cette question, c’est le sujet de cette lettre, car c’est quelque chose qui m’a permis d’avancer (du moins en partie) ces derniers mois. Je tenais à te le partager pour que cela puisse peut-être aider d’autres personnes. 

Comme d’habitude, cette lettre n’assène aucune vérité. Il s’agit simplement d’un condensé (pas forcément concis) de ce que j’ai compris de tout cela et ce que moi, j’en ai fait. Ne prends donc pas comme argent comptant ce que je vais te dire ici. 

A la base, on a tous un ancêtre commun… On descend du singe… Qui descend de l’arbre, donc notre arbre généalogique ça pourrait être juste un arbre ? vis ma vie de cerveau pertubé ^^

Qu’est-ce que le transgénérationnel et la psychogénéalogie ?

Certains psychanalystes ont posé l’hypothèse d’une transmission psychique inconsciente entre les générations. Ce phénomène psychique s’appelle le transgénérationnel. Il s’agit en une phrase de la transmission d’un héritage venant de générations lointaines. Ce sont des héritages positifs comme négatifs (même si ce sont souvent plutôt les négatifs que l’on voit et qui nous impacte de façon douloureuse) qui traversent les générations et s’expriment dans nos vies d’une façon qui peut être mal vécue.

L’expression de ces héritages est très variable, cela peut se traduire par une loyauté à ce qu’il s’est produit pour nos ancêtres ce qui entraîne une répétition de schéma ou au contraire une opposition. Dans la plupart des cas, l’expression du transgénérationnel est totalement inconscient. En effet, quand on parle de transgénérationnel, il s’agit d’héritage de génération que l’on a très peu voir pas du tout connu.

Pour ce qui est de nos ancêtres connus, on parle plutôt d‘intergénérationnel. Les mécanismes sont les mêmes et peuvent également être inconscients, mais du fait de la relation qu’on peut avoir avec ces personnes, les rouages peuvent être plus facilement découverts, expliqués et libérés.

La psychogénéalogie est quand elle une méthode qui permet de se libérer de ses héritages lourds à porter. Il existe d’autres méthodes (cf. plus loin dans cette lettre). Je le précise ici, car j’ai souvent lu le terme psychogénéalogie utilisé à la place de transgénérationnel. 

Est-ce qu’on a une preuve de cette transmission ?

Sur ce point comme pour beaucoup d’autres domaines, je crois que ce qui compte ce n’est pas le fait que oui ou non ça soit prouvé, mais si on a envie d’y croire ou non et si ça nous aide ou pas. Je considère que comme pour toutes les « thérapies » alternatives, il faut prendre ce qui nous parle et laisser le reste.

Néanmoins, il y a certains faits scientifiques qui tendent à dire que ce n’est pas complètement n’importe quoi cette histoire (et ça, c’est cool ou pas…).

Le premier qui est le plus souvent cité par les psychogénéalogistes et autres personnes travaillant sur le transgénérationnel est le fait que l’ovule qui nous donnera vie existe déjà dans le ventre de notre grand-mère maternelle. En effet, les ovules sont créés déjà au cours de la vie in-utéro. Ainsi, nous naissons avec un stock d’ovules défini. De ce fait, les ovules de notre mère existaient déjà dans le ventre de notre grand-mère. Ainsi, une part de nous existait déjà dans la matrice de notre aïeul. Il ne paraît donc pas complètement absurde de penser que ce que notre grand-mère a pu vivre peut aussi nous impacter. On sait aujourd’hui à quel point la vie utérine a un impact important dans notre vie, alors pourquoi pas la vie de l’ovule qui nous a crée.

Comme autres exemples, on peut parler d’expérience réalisée sur des souris. Ces recherches ont montré que « des souris exposées à des odeurs associées à un danger transmettent à leur descendance la crainte de ces odeurs » et que cela modifie même l’ADN. Ces recherches ont été publiées dans la revue Nature Neuroscience.

On peut donc dire que cette idée d’héritage de comportement, d’attitude, de manière de penser ou d’agir n’est pas sans fondement. Les preuves les plus flagrantes restent néanmoins celles des faits. Il y a par exemple, les problèmes d’addiction qui reviennent de génération en génération, parfois en sautant une génération sur deux. Les femmes qui ont des enfants très jeunes comme leur mère voir leur grand-mère avant. Il y a foule d’exemples, mais je vais m’arrêter à ces deux-là qui me sont venu en premier.

Si tu n’es pas encore convaincu, je te propose d’écouter les podcasts suivants qui parent à demi-mot d’héritage inter et transgénérationnel à travers les dépressions de grossesse et les dépressions postpartum qui ont fini de me convaincre : 

Il semblerait, en effet, que les grossesses activent ces mémoires qui resurgissent plus fortement et violemment obligeant souvent les futures/jeunes mères à plonger dans l’inconscient et parfois la transgénérationnel, ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas transmettre… Alors vous imaginez bien la raison pour laquelle j’ai fini par me pencher sur ce sujet. Et si mes problèmes de fertilité venaient de mes ancêtres ? 

Pourquoi je m’y suis intéressée ?

Comme j’aime remettre les choses dans leur contexte et aussi (surtout) raconter ma vie, je tenais t’expliquer les raisons pour lesquelles le transgénérationnel à frapper à ma porte.

J’en ai entendu parler la première fois dans le livre Femmes désirées, Femmes désirantes de Danièle Flaumenbaum. Ce livre parle principalement de sexualité et de comment ce qu’on entend dire de la sexualité par la société ou par notre entourage influe sur notre manière de la vivre. Ce livre évoque notamment les problèmes d’infertilité, le vaginisme et d’autres « troubles » que peuvent vivre les personnes ayant un utérus. C’était la première fois que je lisais que les problèmes d’infertilité pouvaient certes venir de blocage psychologique, mais au-delà de cela de schémas répétitifs venant de nos ancêtres. Je n’ai plus le livre en ma possession, je ne pourrais donc pas vous citer le passage en question, et si je n’y ai pas trouvé de réponses à mon hypofertilité et mes fausses-couches, cela m’a tout de même intriguée. 

J’ai laissé cela de côté un moment, jusqu’à mon premier (et unique à ce jour) rendez-vous chez un psychologue. Si ce rendez-vous ne me donna pas envie de poursuivre une thérapie, le psychologue posa une graine en me demandant s’il y avait eu des fausses-couches dans ma famille. Chose que j’ignorais.

Sur le coup, je n’ai pas cherché à creuser. En effet, je trouve que ce n’est pas évident de demander à quelqu’un : « au fait, tu sais si il y a eu des fausses-couches dans la famille ? Tu en as fait toi ? » Je savais que pour espérer délier les langues, il me faudrait surtout parler de tout cela et je suis fatiguée de penser à cela tout le temps, de chercher le moyen d’aborder le sujet sans que ça mette un froid dans une soirée… Bref !
 

Ainsi, je n’ai pas relevé, pas creusé. Jusqu’à ma dernière fausse-couche cet été. Je voulais à ce moment-là vraiment des réponses et pas celle de la PMA que me donnait ma p***** de gynécologue. Alors je suis allée voir une sage-femme, une naturopathe, une ostéopathe et toutes sans exception m’ont parlées de transgénérationnel… Cette fois, j’avoue, ça a vraiment tiqué, mais je ne voyais pas trop comment creuser cette piste… Si j’ai réussi à évoquer ces épisodes douloureux de notre vie depuis avec plusieurs personnes de mon entourage, personne n’a, jusqu’ici, rebondi sur le sujet… 

Je me trouvais donc bloquée. En parallèle, j’ai également demandé une guidance de l’utérus à Maud du compte instagram La onoria. Elle fait ce qu’elle appelle de la gynécologie émotionnelle. C’est d’ailleurs extrêmement intéressant et parlant. Si vous souffrez de troubles gynécologiques, je vous incite vivement à consulter son compte. Le compte-rendu de ce travail énergétique a mis en avant plusieurs choses. En particulier, elle m’a parlé d’inter et de transgénérationnel. Elle m’a ressenti notamment de grandes peurs liées à la maternité et la grossesse. Des peurs qui ne venaient pas de moi, mais de mes ancêtres.

C’était la fois de trop (ou plutôt la fois qui m’a (enfin) fait réagir). Autant de personnes ne pouvaient pas me parler de cela sans se concerter sans raisons. Et c’était sans compter qu’une kinésiologue bien avant que je décide d’avoir des enfants avait déjà évoqué une forme de peur et de recherche de protection au niveau de mon utérus. Bref…

Il me fallait donc creuser mon héritage transgénérationnel

Je ne savais pas vraiment comment creuser. On peut bien sûr demander aux personnes de la famille et essayer de recouper. Mais j’avoue que je sentais que ça serait compliqué et je n’étais pas sûre d’avoir envie. Alors, un après-midi, je me suis mise à chercher sur le moteur de recherche Ecosia des sites qui pourraient regrouper des données généalogiques pour me faciliter la tâche.

Franchement, pour les recherches dans l’ensemble, l’Internet est vraiment une ressource extraordinaire. Je n’aurais certainement pas creusé bien des sujets sans lui. On a accès à un nombre incroyable de chose sans bouger de son siège. Et même si ça n’incite pas à être persévérant parfois, c’est un avantage génial. J’ai d’abord trouvé les archives numérisées de mon département où on peut chercher par commune et ensuite par tranche d’années les registres d’états civils. Ces registres contiennent les listes des naissances, des décès et des mariages. C’était un bon début, mais il faut savoir dans quelle commune chercher et la liste des naissances ne stipule pas le nom des parents ce qui est bien dommage.

Heureusement pour moi, j’ai fini par tomber sur le site geneanet et là bingo ! Une grande partie de mon arbre généalogique avait déjà été faite par des lointains voir de très lointains cousins. J’ai rapidement pu recouper les informations. J’ai réussi ainsi à remonter pour certaines de mes branches jusqu’à 8 générations ! Je me suis arrêtée là, car si les schémas se répètent ça ne servait pas à grand chose de continuer et puis j’avais déjà matière à étudier. 

Tu vas me dire que c’est bien beau de savoir ça ! On a beau connaître leur nom, leurs enfants ainsi que leurs dates de naissance et de décès, mais ça ne nous apprends pas grand-chose sur la vie qu’ils ont vécu. Et c’est vrai… Mais cela donne quand même des indications : À quel âge mes ancêtres se sont mariés ? Combien d’enfants ils ont eus ? À quel âge ? Parfois, on trouve aussi leur métier. 

Et moi qu’est-ce que j’ai découvert ?

Il n’y a rien de très étonnant dans mon arbre. La plupart de mes ancêtres étaient des cultivateurs. Ils se sont souvent mariés jeune, car un enfant était déjà né ou en route. C’était des familles très nombreuses avec des enfants quasiment tous les ans et des décès d’enfants jeunes souvent avant l’âge d’un an. 

Cela ne m’a tout de suite sauté aux yeux, après tout, c’était courant à l’époque, non ? Pourtant, en découvrant le nom d’une de mes arrières grand-mères et en le lisant à haute voix, je me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps sans raison. Et puis j’ai découvert qu’elle avait perdue trois enfants juste après leur naissance. Coïncidence ? On ne le saura jamais, mais ça m’a troublé ! 

J’ai regardé plus attentivement les décès d’enfants jeunes chez mes aïeuls et j’ai comparé avec les statistiques des époques concernées. Ainsi, j’ai découvert que statistiquement le nombre des décès néonataux dans ma famille était « anormaux ». Au-delà de ça, n’est-ce pas ignoble de penser que, car c’était courant ça a été moins douloureux pour autant ? Après tout, les fausses-couches sont malheureusement très répandues et… Ainsi, grâce à cette approche, j’ai peut-être trouvé un début de réponse… 

On peut, si on est très motivée, passer ainsi de l’arbre généalogique ou génogramme ou psychogénogramme. C’est un arbre sur lequel on représente les liens entre les membres de l’arbre pour mettre en évidence le transgénérationnel de manière visuelle. L’histoire familiale se dessine alors sous nos yeux. Je ne suis pas encore allée aussi loin.

Exemples de symboles utilisés dans les génogrammes

Comment se détacher des peurs et croyances de nos ancêtres ?

Honnêtement, je ne sais pas vraiment ! Si j’ai tenté des choses, je ne peux pas vous affirmer à ce jour (ni jamais d’ailleurs) que ça a fonctionné. Néanmoins, le fait de détecter celles-ci ou encore de remarquer les schémas répétitifs est déjà un grand pas en avant. Peut-être que l’on peut même s’arrêter à cela. 

Après, il y a la psychogénéalogie. Elle a pour but de libérer le patient de son héritage psychologique négatif. J’ignore comme les psychogénéalogistes procède, mais il est souvent question de constellations familiales. Si j’ai bien compris de quoi il s’agit, ça serait de rejouer une scène de vie de nos ancêtres. A priori, un événement qui pourrait être à l’origine d’un traumatisme de nos ancêtres. Dans cette pièce de théâtre, le patient joue le rôle de l’ancêtre concerné. Des « acteurs » prennent les différents rôles des personnes nécessaires à la création de cette représentation. Le but étant de dénouer ainsi des vieux conflits qui nous impactent encore aujourd’hui. 

Je trouve que c’est une méthode compliquée à première vue, non ? Je me suis donc tournée vers des actes symboliques qu’on appelle aussi des rituels. Jodorowsky les appelle des actes psychomagiques. Je n’ai pas lu ces livres qui en traitent, mais cela m’intrigue. Ces actes peuvent être considérés comme magique si on y croit. Pour les plus rationnels, il s’agit de parler à notre inconscient de manière imagée en associant gestes et paroles dans une même intention.

L’acte symbolique le plus connu est sans doute celui des « petits bonhommes allumettes ». Ce rituel consiste à dessiner deux bonhommes simples côte à côte sur une feuille. Le premier, nous représente et l’on y écrit notre nom. Le seconde représente dans ce cas-là l’un ou plusieurs de nos ancêtres. On relie ces deux bonhommes par des traits. Ils représentent les différents liens négatifs qui nous relient à cet ancêtre. Il s’agit alors tout simplement de couper ses liens avec un ciseau en visualisant vraiment cette coupure. On peut aller ensuite plus loin en brûlant le bonhomme représentant notre ancêtre. Cela afin de se débarrasser définitivement des peurs/croyances/schémas de notre ancêtre. 

Il existe sans aucun doute pleins d’autres manières de faire et vous pouvez même inventer le vôtre.

Le Tarot peut aussi être une manière d’aller plus loin dans notre connexion et notre compréhension de nos ancêtres. On peut faire bien sûr un tirage. Une autre façon de faire est de représenter ces ancêtres et les membres de notre famille par des cartes de Tarot. Merci Agathe pour le rappel ! Libre à nous d’aller creuser plus avant de la manière qui nous convient…

À l’heure actuelle, je ne sais pas si j’ai terminé ou non de creuser. C’est pour cela que j’ai longuement hésité à vous en parler, comme pour mon dernier article sur la communication animale. Je suis encore en cheminement, mais j’espère que cela m’aidera à avancer dans ma vie. Peut-être que cela vous a donné une nouvelle piste à creuser de ce côté pour vous aussi, si oui, je saurais ravie de le savoir ! 

Ellega

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