BIENVEILLANCE,  EQUILIBRE / EQUITE,  ETHIQUE / PARTAGE

Etre bienveillant dans/avec son assiette

Chère Harmonie,

Est-ce que, chez toi, on entend aussi ce genre de phrases toutes faites ?

  • Mange ta soupe, ça fait grandir,
  • T’as des bonnes joues toi, la cantine est bonne !
  • Le chocolat, ça fait grossir,
  • Mange des carottes, ça donne les fesses roses ou ça rend aimable,

Et j’en passe et des meilleures ! Ici, on nous dit ça dès qu’on est dans le berceau (et même avant, ça va être un gros bébé madame) et tout au long de notre vie, on aura de cesse de commenter ce que l’on met dans son assiette et de recevoir des jugements sur ce que peut être son contenu en fonction de notre morphologie.

Je crois bien que nous sommes quasiment tous complexés par notre corps, la faute à la société qui nous confronte à longueur de journée à des images siliconées, symétriques et retouchées et à notre besoin de nous comparer. Je reviendrais sur ce sujet, une autre fois, peut-être.

Pour le moment, je veux discuter avec toi du complexe que ces jugements, remarques et autre slogan publicitaire «  Ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé », « Mange au moins 5 fruits et légumes par jour », « les produits laitiers sont nos amis pour la vie »… peuvent engendrer sur notre alimentation. Ne vous sentez-vous pas coupable lorsque vous mangez un paquet de chips devant la télévision ? Ou lorsque, à un moment où vous n’êtes pas bien, vous dévorez une tablette de chocolat, un pot de glace, un paquet de bonbons ou un munster coulant ? Combien de fois se dit-on que ce n’est pas sérieux et que nous allons le payer sur nos cuisses, nos fesses, nos hanches ou encore sur notre peau ?

Équilibré? Végétalien ? Coloré ? Serais-je parfaite dans mon assiette ?
Si on s’éloigne un peu, on voit bien que non ! ^^ (Ceci n’est pas une pub pour une certaine marque de chocolat (merci les cadeaux de pâques))

Moi, ça m’arrive tout le temps ! D’autant plus régulièrement depuis que je transitionne vers le véganisme (je consacrerais sans doute un article sur ce sujet d’ailleurs). Ce que je peux (pouvais ?) me flageller lorsqu’après une semaine éreintante, je me rue sur un morceau de fromage comme si ma vie en dépendait ! Ou encore quand le reflet du miroir me renvoie une peau en piteux état (acné bonjour !) alors que j’ai mangé, la veille, une pizza industrielle…

Bref, je ne vais pas épiloguer là-dessus, je crois qu’on s’est compris ! Et là, Harmonie, je me dis que je suis nulle et que je ne mérite peut-être pas de Te trouver, si je ne suis même pas capable d’un peu de volonté sur ces choses-là, et puis j’ai vu cette vidéo d’Esther (le point en question apparaît à 6min30).

Certes, elle parle du végétarisme-végétalisme ici, mais ce point que l’alimentation est émotionnelle est vrai pour tous. Esther nous explique que la nourriture est un tampon émotionnel, elle cite l’exemple de la sucette qu’on te donne quand tu vas chez le médecin (une récompense), de tes parents qui te propose des bonbons quand tu es triste (une compensation, un réconfort). Au final, on se rend compte qu’on développe un attachement émotionnel à certains aliments en fonction de notre histoire.

De mon côté, par exemple, j’ai énormément de mal à ne pas manger de fromage ou de bonbons : ils me ramènent à un sentiment de sécurité et d’amour. C’est étrange, mais c’est la réalité. Ces deux aliments me rappellent pour l’un ; les fins de journées avec mon papa qui se préparait un sandwich au munster en rentrant du travail et qu’il me laissait croquer dedans alors qu’on allait manger dans une heure et pour l’autre ; les soirées télé où il mangeait des bonbons en douce et m’en filait discrètement pour ne pas alerter toute la famille. Moments privilégiés entre une fille et son papa qui se taquinent gentiment, mais s’aiment profondément. Alors, oui, quand je suis triste ou fatiguée, me faire un sandwich au fromage ou ouvrir un paquet de bonbons en screud me réconforte.

Suis-je à blâmer pour autant ? Est-ce que je manque de volonté et ne fais aucun effort ? Je ne crois pas non. Aujourd’hui, je l’ai compris. J’accepte désormais que parfois, oui, je craque, car je ne suis pas au mieux et c’est OK ! Je ne peux pas toujours être forte et j’ai le droit de céder ! Je me pardonne pour ces loupés pas toujours en accord avec mes décisions, mes convictions ou mon désir d’être un esprit sain dans un corps sain. Je voudrais que nous nous pardonnions de ne pas être parfaits. Oui, le contenu de notre assiette n’est pas toujours idéal… pas grave !

Et vous, où en êtes-vous de votre côté ? Quel est votre chemin vers un rapport à la nourriture plus bienveillant ? Avez-vous pu identifiez quel tampon émotionnel joue la nourriture chez vous ?

Voilà, Harmonie, je crois que c’est tout. Il me tenait simplement à cœur de te parler de cela. Pour que tu saches que mon évolution passe aussi par la nourriture. Cela paraît étrange, pourtant, c’est la réalité. J’ai le sentiment que nous avons tous un chemin à faire vers une alimentation plus bienveillante afin d’en avoir plus pour nous et notre corps ! Nous avons besoin de nous donner de l’amour, même surtout, lorsqu’on ne suit pas nos « régimes » parfaitement, c’est ainsi qu’on pourra, au final, y arriver, j’en suis persuadée !

 

Ellega

 

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