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Mon choix alimentaire (végétarisme/végétalisme) pour mon Harmonie

Chère Harmonie,

Je parlais la semaine dernière du fait qu’il faut essayer de se détacher de la binarité/dualité de notre monde pour trouver notre essence, alors tu vas me dire, mais pourquoi être binaire dans son choix alimentaire, veggie ou omnivore, c’est encore une opposition. Et c’est vrai !

Pourtant, même en ayant mis en avant cette incohérence dans mon raisonnement, je reste persuadée que ne plus manger d’animaux et d’essayer de ne plus manger ce qui provient de leur exploitation est la chose à faire pour moi. Je respecte totalement ceux qui ne pensent pas comme moi car je crois que l’important justement est qu’il s’agisse d’un choix éclairé (même si bien sûr, je souhaite du plus profond de mon être que nous cessions de faire souffrir des animaux).

J’ai toujours aimé les animaux d’une façon inconditionnelle et pourtant je mangeais des rumsteack entier alors que je n’avais pas encore toutes mes dents. Avoir un Papy boucher-charcutier conditionne un petit peu quand même. Vous direz que l’un n’empêche pas l’autre et c’est vrai. Ce n’était pas parce que je mangeais de la viande à tous les repas que je n’avais rien à faire des animaux, non ! Par contre, il est clair que je ne me rendais pas compte vraiment que je mangeais des cadavres.

Nous prenons soin (de façon volontaire ou non) que le contenu de notre assiette ne ressemble pas à un animal, on change le nom aussi, on ne mange pas une vache ou un taureau mais du bœuf, pas du cochon mais du porc, pas de la poule ou du coq mais du poulet… Ce n’est pas pour rien que la plupart des personnes détestent les abats. Je crois bien que cela n’a rien à voir avec une réelle préférence gustative, mais quand on a pied de porcs ou un intestin dans l’assiette, on a beau vouloir faire abstraction, on ne peut nier que c’est bien un animal qu’on dévore. Mais je diverge.

J’ai réalisé (vraiment) que je mangeais un être vivant lorsque ma mère m’informa, vers mes 6/7 ans, je pense,  d’une façon très détachée que cette viande fondante que j’adorais était vraiment de la langue de bœuf et que comme son nom l’indique on parlait bien d’une langue arrachée de la bouche d’une vache. Je n’en ai plus jamais voulu.

Pourtant, mon conditionnement était tel que je fis abstraction pour le reste des viandes, sauf celle de Cheval. Mais comment, pouvais-je vraiment accorder plus d’importance à un cheval qu’à une vache ? Probablement parce que je n’avais jamais côtoyé cette espèce, mais je faisais là du spécisme sans le savoir.

Ma deuxième confrontation à la réalité fut de passer une journée chez un cousin de mon père qui avait monté sa ferme. J’adorais y aller, nourrir les chevreaux et les agneaux aux biberons, je croyais découvrir le plus beau métier du monde, m’occuper d’animaux avec tendresse.

Ma déconvenue fut terrible quand quelques semaines plus tard, nous furent convié pour un dîner au cours duquel on m’appris avec un grand sourire en me tendant mon assiette qu’elle contenait le petit agneau que j’avais si amoureusement nourri au biberon la dernière fois. Je déchantais et pourtant j’acceptai que le monde tourne ainsi et en fille bien élevée, je terminai mon assiette sans rien dire. Je déclarai, pourtant, à mes parents en rentrant que je ne mangerais plus d’agneau de ma vie. Encore une fois, je faisais du spécisme. J’avais découvert cet animal alors il me devenait inconcevable de le tuer pour le manger, mais tous les autres alors ?

Malgré ses expériences, je n’envisageai jamais de devenir végétarienne. Je connaissais pourtant l’existence de ce mode alimentaire, mais cela me semblait inenvisageable pour moi. Aujourd’hui, alors que le végétarisme est installée dans ma vie depuis 2 ans, je constate que le « moi, je pourrais pas » est la réponse qu’on me donne (à une question que je ne pose jamais d’ailleurs, mais les gens se sentent forcément remis en cause quand il s’agit de ça) après une discussion sur mes choix alimentaires, et j’étais de ceux-là. Je savais que des gens le faisait, je me sentais jugée face à ces gens et pourtant je pensais ce changement de régime impossible pour moi car « j’aime trop la viande »!

À mes 19 ans, mon taux cholestérol monta en flèche avec le changement de pilule contraceptive. On me conseilla un régime excluant notamment la charcuterie et le fromage. Ce fut une expérience difficile pour moi. Je l’abandonnai avec soulagement quand mes résultats sanguins montrèrent qu’un tel régime n’arrangeait pas les choses pour moi. (je reviendrais sur les désastres de la pilule dans une autre lettre)

C’est étrange en y pensant. Seule la rencontre avec une végétarienne en transition me permit de prendre conscience qu’on pouvait changer d’alimentation du jour au lendemain malgré un passé et des goûts bien conditionnés. J’avais beau savoir que ça existait, tant que je ne l’avais pas vu, je ne l’envisageais pas possible. Même si, il me parut dans un premier temps, inconcevable de l’imiter (cf. mon expérience de régime anti-cholestérol). Cette rencontre fit son chemin dans mon esprit.

Comment avais-je pu passer à côté de cette possibilité ? Mon assiette contenait des animaux morts. Je savais que l’industrie de la viande est l’une des activités les plus polluantes (cette courte vidéo l’explique). Je n’ignorais pas que les animaux ne sont plus traités comme des êtres vivants, mais comme des biens consommables (des explications ici). Pourtant, je ne pensais pas pouvoir y changer quelque chose. C’est d’autant plus aberrant que pour la protection de l’environnement dans son ensemble, j’étais convaincue du « chacun sa part ». Bien sûr que le colibri qui apporte sa goutte pour éteindre l’incendie importe. Alors, pourquoi je ne faisais rien ? Pourquoi je me voilais la face ainsi?

Confrontée à mes contradictions, moi et du coup mon chéri aussi avons commencé à acheter différemment. A choisir une viande de meilleure qualité, produite plus près, quitte à payer plus et à en manger moins. Il m’a fallu alors trouver des nouvelles recettes et reprendre toute mon éducation alimentaire. Lentement, mais sûrement,ma consommation de viande diminua . Elle passa de 2 fois par jour, à 1 fois, puis à 2/3 fois par semaine et enfin à 1 fois par mois.

Je ne me souviens pas combien de temps cela pris, plus d’une année, je crois bien. Et durant tout ce temps, je regardais des vidéos sur le végétarisme et le végétalisme, véganisme (notamment toute la série des vidéos sur le sujet d’Esther, et de Réflexion faite qui ne s’appelait pas ainsi à ce moment-là) et il m’était impossible de ne pas adhérer à leurs propos. Inutile de vous énumérer les raisons du choix de ce régime alimentaire, ce mode de vie et au final cet engagement politique. D’autres le font mieux que moi et ce n’est pas le vrai sujet de cette lettre. Il y a aussi les vidéos de Coline sur un ton plus décontracté si vous cherchez des infos.

Mais, il arriva le moment où je ne pu plus continuer à manger de la viande (je ne critique pas ceux qui en mangent, chacun ses choix, mon amoureux par exemple en mange toujours).  Je crois que le dernier argument en faveur de ce changement fut la constatation simple et sans appel que si je devais tuer ce que je mange, j’en serais purement et simplement incapable et que je n’en consommais que car c’était facile et que je déléguais ce rôle affreux à d’autres. Continuer aurait revenu à être en désaccord avec moi-même. C’était impossible pour moi, je devais prendre ce chemin, faire ce choix pour être en Harmonie avec mes valeurs.

J’ai finalement pris la décision de ne plus en manger du tout. Impossible pour moi de faire de la demi-mesure (comme le flexitarisme), c’est souvent tout ou rien avec moi. Ainsi, depuis août 2016, je n’ai plus mangé de viande (sauf peut-être un ou deux ratés sur de la gélatine dans un gâteau par exemple) et depuis octobre 2016, je ne mange plus de poisson ou fruit de mer non plus. Je ne vous dirais pas que, parfois, je n’ai pas envie de craquer, mais ce n’est pas aussi difficile que je l’avais imaginé. Comme mon choix est éclairé, il est du même coup plus facile à tenir, je pense.

Mon chemin n’est pas fini avec l’alimentation, j’essaye désormais de tendre vers le véganisme. Autant sur la partie « textile » ; cuir, laine, soie », l’évidence est là et c’est « facile » dans la plupart des cas (après, il y a juste pour certaines choses la balance entre véganisme et environnement, car le pétrole et tout ses dérivés ne sont pas à mon sens une bonne alternative, mais encore, c’est une histoire de choix), mais pour le végétalisme (la partie alimentaire donc), j’admets avoir des difficultés.

Autant le passage aux laits végétaux et à la margarine ne m’a étonnement posé aucune difficulté, chez moi à la maison du moins. Autant œufs et fromage , ce n’est pas la même chanson (malgré mes suspicions concernant une intolérance, acné bonjour !) Il me reste des choses à régler à ce sujet. La nourriture est souvent une compensation, une récompense, un réconfort que l’on s’offre comme le dit Esther (dans cette vidéo à partir de 6min30), mais chaque chose en son temps et en plus je vous en ai déjà parlé ici, je radote non ?

Bref, alors oui, j’ai choisi le côté végétal de la force et j’assume mon choix car il me permet d’être plus en accord (à mon sens) avec le monde qui m’entoure. Et comme je le disais, dans l’article sur la bienveillance dans son assiette, j’essaye de ne pas trop m’en vouloir de ne pas arriver encore (y arriverait un jour d’ailleurs?) à être l’absence totale d’exploitation animale dans ma façon de m’alimenter, de me soigner, de vivre car ce monde est spéciste, mais je fais de mon mieux chaque jour pour essayer d’être à la hauteur de mes convictions.

Harmonie, je sais que c’est un sujet sensible car on touche à l’alimentation et à toute une éducation et les gens se sentent rapidement attaquée sur le façon de s’alimenter quand on parle de végétarisme, végétalisme, mais comme je le disais, chacun fait ce qu’il veut tant qu’il est en accord avec lui-même. Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

Ellega

 

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