EQUILIBRE / EQUITE,  SPIRITUALITE

Qui suis-je ? La dualité du monde

Chère Harmonie,

La semaine dernière, j’évoquais, dans l’article sur le cycle menstruel, l’opposition entre les valeurs dites féminines et celles étiquetées de masculines. Ces oppositions sont l’essence même de notre monde. En tout cas, c’est ce qu’il me semble.

Dès notre naissance, nos actions sont qualifiées de bonnes ou mauvaises. On est considéré comme un enfant sage ou un enfant difficile voir capricieux. Nous sommes beaux ou laids, gentils ou méchants. On aime ou on déteste, d’ailleurs, on apprend très jeune à dire, je n’aime pas ou j’aime.

Notre monde est donc binaire, soit noir soit blanc et de ce fait en constante opposition. En réalité, ce n’est pas aussi simple et qui définit ce qui est blanc de ce qui est noir ? Qui a un jour décidé que le noir était mauvais et le blanc bon, Harmonie ? N’y-a-t’il rien entre les deux ?

Pourtant, n’importe qui peut nous dire que le mélange du blanc et du noir donne du gris. Alors, oui, je sors la bonne vieille métaphore de tout n’est qu’une nuance de gris. On le sait tous et pourtant…

On continue à qualifier nos actes comme étant bons ou mauvais. Nous sommes dans la lumière ou l’obscurité. On est chaleureux ou froids. Nos expériences sont soit des échecs ou des succès. Nous sommes heureux ou malheureux. Les événements que nous vivons sont agréables ou désagréables. Nous donnons ou nous recevons et de la même manière nous pouvons qu’accepter ou refuser. Les pensées s’opposent aux sensations. L’intuition à la logique. Les gens que nous rencontrons sont sympathiques ou antipathiques. Il y a nous et les autres. Il y a les fragments et le tout. Le verre est vide ou il est plein. La vérité ne peut être qu’absolu, sinon elle est relative. Nos avis sont objectifs ou subjectifs. Nous ne pouvons pas être disciplinés si nous exerçons notre liberté. Impossible de ressentir de la joie et de la tristesse. Si on additionne, on ne soustrait pas. Quand on est comblé, on ne peut ressentir de manque. Il y a la présence et l’absence. Le conflit ou la paix. L’attention ou la négligence. Ou encore le corps et le mental que j’ai toujours opposé.

Vous l’aurez compris, nous sommes envahis par tout un tas de notions et de son contraire. Certes, le vocabulaire ne nous permet pas d’avoir des mots pour désigner toutes les nuances entre l’équilibre et le déséquilibre, mais le problème n’est pas là. La difficulté que représente le fait d’osciller entre des opposés est que nous pensons ne pouvoir être que l’un des deux et cela nous limite grandement dans notre vie et dans notre évolution. Il nous est difficile d’accepter notre dualité. Sans compter certains domaines où la binarité de la société cause de grande souffrance et là la communauté LGBT+ peut bien en parler (Un article sur ce sujet vous intéresserait-il ? En tout cas, je vous conseille la chaîne suivante).

Or, c’est au fond aberrant d’être dans la binarité de cette façon. Pour prendre un exemple tout bête, quand cesse-t-on d’être un enfant pour devenir un adulte ? Ne pouvons-nous pas être les deux à la fois ? Ne sommes-nous pas tous des enfants quand nous vivons une expérience nouvelle ? Au contraire, notre monde doit cesser d’être binaire et accepter sa dualité. La dualité est ce qui est double en nous. Nous sommes à la fois des corps et des consciences. Nous sommes l’autre et le moi. Il nous est possible de donner et de recevoir simultanément. Cette dualité est une expérience que l’incarnation nous propose et c’est à nous de comprendre que nous sommes davantage que cela. Nous sommes au-delà de ces conditionnements, notre vraie nature est différente et pour l’appréhender, nous avons besoin d’expérimenter les extrêmes.

L’idée étant qu’une fois qu’on accepte cette dualité, on peut la dépasser, elle disparaît alors pour ne laisser que notre véritable identité, le tout. J’ignore si cela est vrai et dans cette phrase résonne encore une fois l’opposition entre la connaissance et l’ignorance. Nous vivons de certitude ou nageons en plein doute. La peur de perdre notre identité nous habite et notre ego ou personnalité nous pousse à rester dans ce système d’opposition, car il se sent ainsi en sécurité, il en a oublié que la mort ne s’oppose pas à la vie, mais à la naissance.

J’ai lu et regardé un certain nombre de choses à ce sujet, encore une fois, mon avis n’est pas tranché et je ne fais que partager mes réflexions. Je crois que l’Harmonie se trouve au carrefour de ces extrêmes quelque part où cette dualité n’existe plus, où nous ne faisons plus qu’un avec tous nos aspects. Certains disent que cet Un, ce Tout, ce Dieu ou cet Univers a crée la matière pour pouvoir expérimenté sa nature puisqu’il est justement l’opposé de la matière, la conscience pure. Il a créé la multiplicité pour apprendre ce qu’est d’être un et entier, il a inventé les notions de bien et de mal (ou seulement le mal selon d’autres), la notion de plein, car il ne connaissait que le vide… Etc etc.

Pour certains, il ne tient qu’à nous d’expérimenter cette dualité afin de pouvoir s’en affranchir et se connaître enfin (l’accès au je suis, je connais, je sais, l’essence même de la trinité corps, esprit, âme ou vice-versa.). Pour d’autres, nous devons vivre cette expérience avec son lot de souffrance (car l’incarnation serait souffrance en soit, car on se sépare du tout, on quitte notre foyer). Et le but de cette incarnation serait de transmuter la souffrance en amour afin de comprendre véritablement ce qu’est l’amour.

Ce qui revient en tout cas pour tous, c’est que pour transcender ces éternelles oppositions – veille ou rêve, réalité ou illusion (Ça me fait penser à l’allégorie de la caverne, il faudrait que je ressorte mes cours de philo, tiens!), répulsion ou attraction, manque ou plénitude…-, les moyens proposés pour s’en affranchir, sont toujours les mêmes, à savoir :

– La méditation (je dédierais un article sur le sujet)
– L’attention pure ou la pleine conscience (idem)
– L’étonnement constant (regarder avec des yeux d’enfant)
– L’art en tant qu’artiste ou en tant que spectateur (je vous renvoie sur l’article que j’ai fait à ce sujet)

Alors, dis-moi, Harmonie, est-ce que chez-toi, la souffrance n’existe plus, tout n’est qu’amour ou du moins absence de souffrance? N’y aurait-il plus d’illusion ni de réalité ? Trouverons-nous nos réponses dans nos questions ?

Ce qui est évident pour moi, c’est que du coup, je peux, sans problème, me sentir à la fois forte et vulnérable, sensible et dure, féminine et masculine, fille et femme, enfant et adulte… et ça me soulage grandement. Le symbole du Yin et du Yang ou l’image des mandalas prennent ici tous leur sens, je trouve (si vous connaissez des symboles plus occidentaux qui exprime la même idée, je suis preneuse, je ne suis pas très aux faits à ce niveau-là)… L’Harmonie réside dans le mélange. Je n’ai pas à m’excuser d’être changeante et tout est son contraire, c’est ma nature même ! Il ne m’est pas nécessaire d’être toujours à l’écoute et réconfortante, je peux parfois ne pas avoir envie et cela ne veut pas dire que je ne suis plus empathique pour autant… Je peux ainsi être plus authentique !  Quand pensez-vous ?

Ellega

PS : J‘ai peur, encore une fois, de vous avoir perdu en chemin, mais qu’importe, la vraie raison d’être de ces lettres est pour moi de matérialiser ma pensée à l’instant présent et pour vous, je l’espère, d’amorcer une réflexion. Quelle est-elle ?

PS2 : pour aller plus loin (ou pas), ce site et cette vidéo et bien entendu Le pouvoir du moment présent d’Eckhart Tolle ou encore Être de Jean Klein (même si je n’ai pas fini de le lire) :)

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