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Les règles : le corps de souffrance ou SPM ?

Chère Harmonie,

Je t’écris aujourd’hui pour te parler d’un sujet un peu tabou ou du moins qu’on aborde peu.

Hier, j’attendais mes lunes. Aujourd’hui, elle m’accompagne et pour quelques jours encore, il me sera difficile d’appréhender la vie d’une façon « normale ». Les personnes menstruées comprendront ce que je veux dire, je pense. Pour les autres, je vais tenter d’expliquer.

Dans l’article sur le cycle menstruel, j’ai déjà évoqué les différentes phases par lesquelles nous passons. La phase des menstruations correspond à celle de la sorcière. Ce terme, sorcière, est plutôt négativement connoté (et je pense creuser cet archétype plus profondément une autre fois), de la même façon que les règles au final.

Combien de fois avons-nous entendu ou pensé, voir même dit : « Non, mais elle a ses règles ou quoi ! » quand une femme est « difficile à vivre » ? Ce mythe a la vie dure, et je dois bien avouée qu’il n’est pas totalement dépourvu de vérité. Les féministes radicales crieraient sans doute au scandale si elles tombaient sur ça. J’ai beau être d’accord avec le féminisme dans son idéologie.  La manière de l’aborder par certaines et certains m’horripilent, mais je pourrais peut-être y revenir une autre fois. Désolée, Harmonie, je ne suis apparemment pas capable de ne pas divergé un moment ou un autre dans mes lettres ! En même temps, tout est tellement lié que c’est un bric-à-brac de ne pas tout aborder en même temps… Bref ! Donc, je reprends, en effet j’ai conscience d’être plus « compliquée » durant cette période de mon cycle.

Par compliquée ou difficile, je n’entends pas « chiante », attention, ne mélangeons pas tout ! J’entends que tout prend une mesure différente durant cette période. Je suis à la fois plus empathique, plus lente, plus sensible et plus irritable et tout un tas d’autres choses. J’ai aussi tendance à voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein, et pour cause, je me vide littéralement non ? En gros, je deviens hypersensible (en tout cas plus que d’habitude).

En plus de cette hypersensibilité, il se passe beaucoup de choses physiquement. Ces « choses » sont tout simplement un nettoyage et une détox, ça fatigue et crispe à la fois. Ne sommes-nous pas tous plus pénibles quand nous sommes fatigués ? Comment peut-on espérer qu’avec un utérus qui se contracte, nous puissions vivre de la même manière que le reste du temps ? C’est nié totalement notre nature biologique !

L’effet de cette période sur nous a même un joli nom scientifique qui rend ça totalement anecdotique : Le SPM, syndrome prémenstruel. Il se nomme ainsi car il commence généralement avec le début de la fête aux hormones, un peu avant que les lunes ne débarquent . Je ne met aucun lien vers un site médical à ce sujet car en les consultant, je me suis sentie terriblement en colère. Le SPM est défini comme une maladie et de la même manière que pour l’acné, une prescription de contraceptif hormonal étouffera rapidement tout ça (il faut vraiment que je te parle de la symptothermie, Harmonie et des règles et leur gestion naturelle).

Je conviens que chaque cas est différent et jamais je ne blâmerais qui que ce soit de choisir ce qu’il juge le mieux pour elle-même, Harmonie, crois-moi. Je suis seulement outrée que ce que nous ressentons durant cette période de notre cycle, et pendant la majeure partie de notre existence, soit à ce point-là mal connu et mal interprété. Comme beaucoup, j’ai été heureuse d’avoir mes premières règles car cela signifiait que je devenais une femme.  En même temps extrêmement en colère de devoir subir cela comme si je recevais un châtiment (idéologie chrétienne ?). Or, cette phase est un cadeau si on y réfléchit bien (comme je le disais dans cet article). Même si en ce moment où mes lunes m’accompagnent, la dépression flotte à deux pas de moi, j’ai conscience que ça ne vient pas de l’extérieur, mais de mon intérieur…

Et oui, c’est dur ! Oui, j’ai envie de pleurer à chaque pensée triste, mais cela me permet de remettre des choses en question, de me reconnecter à ma part sorcière que j’aime de plus en plus. Et en lisant le pouvoir du moment présent (oui encore lui, je ne remercierais jamais assez Iléana de m’avoir convaincue de le lire, ni la merveilleuse synchronicité qui a fait qu’il soit dispo dans la petite bibliothèque partagée de ma salle de Yoga…), j’ai découvert que ce moment difficile n’était pas que dû aux hormones et au fameux SPM.

En effet, Eckhart Tolle y parle de ce qu’il nomme le corps de souffrance. Il le décrit comme un champ d’énergie négative à l’intérieur de nous qui s’active parfois ou tout le temps selon les personnes. Ce champ d’énergie serait composé de la souffrance accumulée au cours de notre vie. Pour lui, chaque souffrance émotionnelle que nous ressentons laisse derrière elle un résidu. Ce résidu fusionnerait alors avec la douleur du passé et c’est toute cette souffrance accumulée qui donnerait ce champ d’énergie négative appelé le corps de souffrance.

Ce champ s’activerait en cas d’élément déclencheur. Ces éléments déclencheurs sont proches à chacun et peuvent varier d’une fois à l’autre. Pour vous donner des exemples, cela peut être un événement faisant écho à un scénario douloureux du passé, une remarque sur un point sensible venant donc de l’extérieur voir même une pensée (pour aller plus loin sur le pouvoir de la pensée, je vous conseille cette vidéo) provenant donc de nous-même, à laquelle on prêterait attention.

A partir de l’instant, où le corps de souffrance sort de son état latent, toutes les pensées et sentiments que nous entretenons deviennent négatifs et autodestructeur. Pourquoi ? D’après M. Tolle, comme notre mental, le corps de souffrance est une entité qui a peur de mourir, il nous pousse donc à s’identifier à lui et pour se faire, il créée dans notre vie des situations qui reflètent sa propre fréquence énergétique. Ainsi, il s’auto-entretient et nous l’entretenons, je crois que cette idée est ce qu’on appelle la loi de l’attraction.

Mais pourquoi, je te parle de ce corps de souffrance, Harmonie ? Tout simplement qu’il me paraît clair qu’au moment des menstruations, notre corps de souffrance (le mien en tout cas) s’active. D’après le pouvoir du moment présent, l’arrivée des menstruations seraient pour les femmes un élément déclencheur de ce champ négatif. Il précise d’ailleurs que le corps de souffrance n’est pas seulement individuel et personnel, mais aussi collectif.

Si l’individuel correspond à notre histoire personnelle, le collectif renvoie à l’accumulation de souffrance dans la psyché humaine collective depuis des milliers d’années par la maladie, la torture, la guerre, la cruauté, la démence… Ce corps de souffrance collectif possède du coup des ramifications. Certains peuples et pays au sein duquel des formes extrêmes de lutte ou de violence se produisent auraient donc des corps plus chargés que d’autre. En sachant cela, on se rend bien compte que les femmes en ont un particulièrement lourd de par la domination masculine, le viol, l’esclavage, l’exploitation, l’enfantement, la mort des enfants et j’en passe…

En lisant, cela, tout m’a parut clair et évident, qu’en penses-tu Harmonie ? On peut trouver ça horrible et à juste titre. Heureusement, pour Eckhart, ce fardeau nous rend capable plus rapidement et plus facilement de prendre conscience et d’atteindre l’illumination, l’Etre. Cela nous permet aussi, je pense, de nous détacher de la dualité. Si nous souffrons toutes de ces mêmes maux, cela signifie bien qu’au fond, il n’y a pas nous et les autres, mais seulement un tout. Et en sachant qu’avec nos menstruations se réveille cette entité maléfique, pourrait-on dire, on peut mieux l’appréhender et ne pas le laisser faire. Il nous faut alors l’accepter, le regarder dans les yeux et lui dire que oui nous souffrons et avons souffert, mais nous ne sommes pas obligés de continuer à souffrir.

Pour faire cela, il nous faut du temps pour nous.  Notre société avec son modèle linéaire et masculin ne nous le permet que rarement. Bien sûr, on peut avoir tendance à reprocher aux hommes tout cela. Oui, ça semble légitime mais adoptant le rôle de victime, le corps de souffrance gagne. Non, nous devons nous donner le droit de ralentir pour vivre tout cela. Pour embrasser notre sorcière intérieure,  certes un peu sombre, mais aussi source de magie de par sa connexion à l’aspect féminin de la déesse au delà de la dualité féminin/masculin.

Depuis un certains nombre d’années voir de décennies, nous ne nous le permettons pas,  est-ce pour cela que des maladies comme l’endométriose sont de plus en plus courantes ? C’est ce que certaines qui en souffrent pensent. Dans le passé, le temps des règles étaient un temps de retour à soi avec les tentes rouges (je vous conseille ce livre à ce propos). Aujourd’hui ce type de rassemblement paraît difficile, pourtant des tentes rouges refleurissent de plus en plus. J’espère pouvoir participer à l’une d’elle, un jour et vous en parler, mais vous ne savez peut-être pas de quoi il s’agit ? Bref ! Je digresse encore !

Un mot pour finir par rapport aux personnes qui nous entourent quand on vit cette période. Cela vaut, bien sûr, pour nos compagnons ou compagnes mais pas seulement. Sachez que malgré tous nos efforts, ils arrivera que le corps de souffrance prennent le dessus sur nous. Dans ces instants, ne nous confondez pas avec notre nature véritable. Nos propos et nos actes pourront vous agresser. Gardez en tête qu’il ne s’agit pas de nous, alors pardonnez-nous et ne vous fermez pas, svp ! A l’inverse, il nous faudra faire de même pour vous. Merci.

Alors, finalement, Harmonie, je me sens désormais apaisée. J’ai commencé cette article avec beaucoup de colère et de chagrin et je le finis pleine d’espoir. J’ai pris le temps d’observer cette souffrance en moi. Je lui ai dit : « ok, oui ce n’est pas toujours juste, mais rien ne m’oblige à penser à ces choses tristes ». Je peux apprécier le soleil et le vent frais sur mon corps et t’écrire pour me sentir moins seule.

A bientôt,

Ellega

 

PS : A noter aussi que c’est dans ces moments-là qu’on a le plus de risque de « craquer » pour l’alimentation (d’où la photo qui illustre cet article qui j’en convient peut paraître bien étrange vis à vis du sujet et encore j’ai choisi de montrer des muffins plutôt qu’un sandwich au munster parce que ça risquait de paraître encore plus saugrenue ^^) … pour se réconforter de tout cela et c’est juste, on a le droit, et pas besoin de se flageller pour cela !

 

 

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