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La contraception partie 3 – la symptothermie

Chère Harmonie,

Je sens que je vais galérer à écrire cette lettre. Mais, c’est pas grave, tu commences à me connaître. Je vais faire ce que je peux et ça sera déjà PAS MAL. Donc la symptothermie.

Avant de me lancer, je préfère faire un petit rappel sur le fait que je ne suis pas une professionnelle de la fertilité ou de cette méthode. Je me contente ici de donner mon expérience et connaissance sur le sujet qui n’est pas exhaustive et peut être approximative. Si vous souhaitez tenter cette méthode, je vous renvoie sur les sites appropriés pour vous lancer dans de bonnes conditions.

Qu’est ce que c’est que ça ?

Il s’agit d’une méthode qui permet de connaître le fonctionnement de son corps de femme, enfin du moins la partie immergée de l’iceberg.  Celle qui nous rend capable de mettre au monde des bébés. A savoir nos ovaires et tout ce qui y est lié.

Ok, mais comment ça marche ?

Oui, j’y viens ! Comme on l’apprend en 4ème (enfin peut-être plus maintenant avec la dernière réforme scolaire mais on se comprend), la fécondation et donc les bébés arrivent quand un spermatozoïde rencontre un ovule.

Merci, Ellega, cette explication était fabuleuse….  Non, mais laisse-moi finir.

Donc ça veut dire que pour qu’une fécondation est lieu suite à un rapport sexuel, il faut qu’ovule, il y est. Or les ovules ne sont pas là à attendre sagement qu’un spermatozoïde passe dans le coin. Non, ils ne sont pas disponibles à tout heure du jour et de la nuit dans le corps d’une femme. Non, pas mais pas du tout ! C’est pas open-bar !

Un seul ovule (en de très rare cas 2) est en réalité libéré chaque mois dans les trompes et est donc susceptible d’être fécondé. Donc déjà y’en a qu’un par mois et ensuite, il est pas là tout le mois ! Non, non, non car sa durée de vie est d’environ 48 h ! Donc il y a un ovule possiblement fécondable que 48H sur un cycle menstruel ! (ce qui ne veut pas dire que le risque n’est présent que durant 48h car les spermatozoïdes eux vivent plus longtemps, mais continuons…)

Déjà là on se rend que du coup faire bouffer des hormones à une femme pendant toute sa vie alors qu’elle est fertile que durant une très courte période chaque cycle , c’est comment dire… Un peu du foutage de gueule alors que messieurs eux sont fertiles H24, 7/7, 365 jours par an… Bref mais revenons-en au sujet, je m’égare ! 

Du coup, ben la symptothermie c’est « tout simplement » apprendre à déterminer quand on est fertile de quand on ne l’est pas. Pour ce faire, on utilise deux paramètres qui, combinés l’un à l’autre, permettent de détecter l’ovulation sans erreur possible (sauf l’erreur humaine bien sûr). Ces deux paramètres sont la température et l’aspect de la glaire cervicale.

Pourquoi ces deux paramètres ?

Eh bien, si vous vous souvenez je vous avais dit dans cet article, le cycle menstruel comprend plusieurs phases. Je les avait nommé par les noms donnés par Miranda Gray à savoir : la phase de la sorcière, de la vierge, de la mère et de l’enchanteresse. En terme scientifique, on parle plutôt de la phase des menstruations (des règles), la phase pré-ovulatoire, la phase ovulatoire et la phase post-ovulatoire. Au lycée, on vous a sans doute plutôt parler de phase folliculaire avant l’ovulation et jusqu’à elle puis de la phase lutéale.

Petit rappel simplifié et trèèsss vulgarisé

Attention, mon explication comporte (beaucoup) d’approximation car j’avoue je ne souviens plus de tout exactement, c’est simplement pour vous montrer que le symptothermie c’est pas un délire de hippie, c’est bien basé sur des données scientifiques

Le cycle menstruel se compose donc de deux phases. La première partie du cycle qui débute avec le 1er jour des menstruations et dure en moyenne un peu plus de 10 jours est appelé la phase folliculaire. Durant celle-ci, une hormone l’oestrogène est produite (d’après les infos de l’hypothalamus et l’hypophyse avec la fameuse FSH si jamais vous voulez faire plus de recherche), Cette hormone permet (en gros) aux follicules présents dans les ovaires de maturer. Sans entrer les détails, l’un d’eux mûrit mieux que les autres.

Lorsque l’ovule atteint le stade mûr, on l’appelle Follicule de Graaf. A ce moment-là, un genre de signal est envoyé et va causer un pic d’œstrogène. Ce pic provoquera l’ovulation qui n’est rien d’autre que le follicule qui se rompt pour libérer l’ovule qu’il contient dans les trompes.

Le follicule devient alors un corps jaune et la phase lutéale commence. Le corps jaune permet la production de progestérone qui permet de créer un nid douillet dans l’utérus (augmentation de l’Endomètre) pour le potentiel oeuf fécondé. Si l’ovule n’est pas fécondé, il meurt et le corps jaune avec. Les hormones chutent et les règles se déclenchent. 

Ces fluctuations d’hormones dans le corps ont bien sûr d’autres effets. C’est ces effets-là que l’on peut observer pour connaître où nous en sommes dans le cycle.

Ces fluctuations agissent notamment sur la température. Durant la phase folliculaire ou pré-ovulatoire, le température basale (celle après une bonne nuit de sommeil) se trouve dans un plateau bas. Mais dès que la sécrétion de progestérone commence, elle provoque une augmentation de la température corporelle. Ainsi, durant un cycle, on observe si on prend sa température chaque jour au réveil, une courbe avec un plateau bas avant l’ovulation, une montée en température aux environs de l’ovulation, puis un plateau haut jusqu’aux règles.

A noter que la température pour être fiable doit être toujours prise de la même manière. Il faut choisir entre rectale, buccale ou vaginale. Il faut également un thermomètre précis à 0,00 °C pour détecter efficacement les variations.

Le deuxième effet se trouve sur la glaire cervicale, c’est ce que souvent on appelle « à tort » les pertes blanches. Vous savez ces traces de différentes textures qu’on trouve au fond de notre culotte dès l’adolescence. Il s’agit en réalité de sécrétions (parfaitement normales contrairement à ce que on veut souvent nous faire croire) produites au niveau du col de l’utérus. Ces secrétions permettent de protéger l’entrée de l’utérus. C’est un peu l’armée de l’utérus. Elles évitent la contamination par des agents pathogènes et accompagnent aussi les spermatozoïdes lorsque la fécondation est possible pour leur permettre de survivre dans l’environnement hostile du vagin.

Ainsi, au cours du cycle, cette glaire (ou élixir pour être plus poétique) se modifie. En début de cycle, elle passe souvent inaperçue perdue dans les menstruations.

Ensuite, on peut remarquer qu’elle devient blanche à translucide ou vice-versa et de plus en plus élastique, abondante et glissante comme du blanc d’œuf cru jusqu’aux environs de l’ovulation (on l’appelle élixir fertile). Cette glaire fertile est accompagnée en général d’une sensation d’humidité (le papier WC « glisse » quand on s’essuie en gros).

Elle devient ensuite plus crémeuse à grumeleuse et plus épaisse, elle devient écailleuse en séchant et se teinte d’un jaune plus ou moins visible (on l’appelle nuage jaune). Ce nuage jaune s’accompagne souvent d’une sensation sec (le papier WC ne glisse pas, le vagin et la vulve semblent moins lubrifiés).

A noter qu’il peut y avoir un décalage entre ce qu’on observe au fond de notre culotte et ce qui se trouve au niveau du col de l’utérus. Normal, il faut le temps que la gravité opère. Il est donc préférable d’aller « chercher » l’élixir, plutôt que de se contenter d’observer dans sa culotte, mais c’est une question de connaissance de soi.

Un autre effet est la modification du col de l’utérus en lui-même, même si cette indicateur n’est pas forcément nécessaire à la pratique de cette méthode, il peut être un bon complément. Sa position, sa texture et son ouverture permettent également d’avoir des informations. Je n’entrerais pas plus dans les détails car je ne maîtrise pas assez le sujet. Pour donner des exemples, un col haut et mou indique une période plutôt fertile, tandis qu’un col bas, une fin de cycle (mais j’espère ne pas raconter n’importe quoi).

Mais concrètement, comment on fait ?

Concrètement, je vous renvoie ici, ou , ou bien , ou encore par pour vous fournir le manuel et trouver toute les autres infos nécessaires pour le pratiquer. Mais en pratique, on peut soit télécharger une application pour rentrer les infos dessus et celle-ci se chargera de t’indiquer si tu es en période fertile ou non, ou tu peux interpréter toi-même en notant sur papier (mais ça demande plus de connaissance à mon sens).

En gros, en fonction de ta température et de ta glaire, tu peux savoir si tu es en période fertile ou non. La période fertile commence dès l’apparition d’une glaire dite fertile et se termine après une montée en température de 4 jours minimum ou de 3 jours si ton élixir est lui déjà passé en nuage jaune (faudrait que je vérifie ce point mais c’est à peu près l’idée). C’est bien la combinaison des deux qui permet d’appliquer la méthode et c’est pourquoi elle diffère des méthodes dites de grand-mère telle OGINO qui a tellement mauvaise presse et qui ne prenait en compte qu’un seul paramètre.

Attention l’auteur du manuel est particulièrement misogyne donc ne pas tenir compte de ses remarques moralisatrices, cela n’enlève en rien à la méthode. Vous trouverez aussi que certaines applications sont payantes, on vous propose des suivi payant également, c’est à chacun de voir. Personnellement, j’ai fait le choix du gratuit et de me responsabiliser totalement.

Soit, mais est-ce fiable ?

Oui, autant que la pilule si on pratique l’abstinence pendant la période fertile.

Hein ? Quoi ? Mais elle dure combien de temps la période fertile. Je ne peux pas répondre, ça dépend de chaque femme, mais généralement 1/3 du cycle. Car si l’ovule ne vit que 2 jours, les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à 5 jours dans le corps d’une femme à attendre le bon moment.

Bien sûr, abstinence ne veut pas dire ne rien faire en l’occurrence, seulement pas de pénétration vaginale. Si l’abstinence n’est pas envisageable,  on peut choisir d’utiliser une méthode barrière à savoir préservatif féminin ou masculin, diaphragme (il y en a d’autres, mais je ne connais pas tout) pendant la période fertile. Dans ce cas, la fiabilité de la méthode dépend bien entendu de celle de la méthode barrière.

Mais c’est hyper contraignant ton truc ?

On peut le voir ainsi, c’est vrai. Personnellement, pour moi c’est une responsabilisation des deux partenaires. Et elle est essentiel à mon sens pour le bien-être des deux et pour avoir une sexualité plus épanouie. Et si au début ça peut paraître pénible, ça ne l’est pas à mon sens plus que prendre une pilule à heure fixe sans savoir véritablement ce que ça nous fait. Là oui, on est pleinement acteur de notre contraception et on apprend à se connaître et pour moi, ça n’a pas de prix.

Sans compter qu’on ne s’empoissonne plus et que tout ne repose plus que sur les femmes, car quand on s’engage dans ce type de méthode, un véritable dialogue avec son partenaire doit se mettre en place, qui lui permettra aussi de mieux nous connaître (cf. le cycle menstruel et le corps de souffrance)

Comment ça se passe pour moi ?

Cela peut paraître étrange de révéler cela. Mais pour toutes celles qui passerait par là, je crois que c’est important d’avoir des points de repère. Et ça ne me gène pas. Même si dans le manuel et sur les forums, vous trouverez des cycles pour comprendre. Un exemple supplémentaire n’est pas de trop.

Mes cycles durent environ 29 jours. J’ai une première phase de plateau bas qui dure 12 à 14 jours aux alentours de 36,30°C.  Ma montée en température se fait les jours suivants et j’atteins ensuite un plateau haut aux alentours de 36,80°C qui dure entre 10 et 12 jours. Ma température chute à nouveau la veille de mes règles.

Je ressens et observe un élixir fertile en général 2 jours après la fin de mes règles (qui elles durent 5 à 6 jours). J’ai une à deux journées d’élixir très très fertile (entendre par là que je me sens mouillée toute la journée et qu’il est très élastique comme du blanc d’œuf). Cet élixir blanc d’œuf apparaît en général pendant ma montée en température ou juste avant. Puis, je finis mon cycle en nuage jaune avec rapidement une sensation sèche jusqu’à la veille de mes règles.

Bien sûr, je vous parle ici de mon cycle « type ».  Les symptothermiciennes hurleront sans doute en lisant cela. Oui, les règles de la symptothermie nous montre bien que chacun de nos cycles est unique. Je ne le contredis pas du tout. C’est pour cela que faire des calculs est une très mauvaise idée, si je l’ai fait durant une partie de ma vie (cf. l’article précédent), c’est seulement la chance qui m’a évité une grossesse surprise. Néanmoins, sauf en cas de maladie ou de stress, mon cycle se répète d’une façon suffisamment régulière pour que je trouve intéressant de vous le partager.

Dans mon cas, je correspond peu ou prou aux courbes types qu’on nous sert en cours de biologie. Ce n’est absolument pas le cas de toutes les femmes, bien au contraire. J’ai pu ainsi noter que j’avais un cycle qui se cale sur la lune avec ovulation aux environs de la pleine lune et menstruations durant la nouvelle lune. Et quand je suis malade ou que je vis une fausse couche ou un stress important, mon cycle n’est plus en adéquation avec la lune. Pendant quelques cycles, il se dérègle pour retomber à nouveau sur la lunaison, d’où encore une fois, l’erreur de faire des calculs.

Cette analyse se base sur une pratique qui a duré environ 18 mois. Depuis plusieurs mois maintenant, j’ai cessé de noter le suivi de mon cycle pour des raisons disons psychologiques, mais je vous en parlerai peut-être. Pour ceux qui ont lu mon article sur la fin de ma première grossesse, je tiens à vous rassurer, ce n’était pas une erreur dû à une mauvaise interprétation des règles symptothermiques, non c’était une grossesse désirée.

Au fil des mois de pratique, j’avais pu réduire mes prises de température. Je ne la prenais plus qu’une dizaine de jours par mois. En gros, de la fin de mes règles jusqu’à l’arrivée de mon plateau haut. Par contre, mon élixir je l’observais tous les jours.  Il suffit pour cela d’aller aux toilettes ou de prendre une douche. Ce n’est donc au final pas si contraignant. Il ne faut que 2 à 3 minutes par jour entre l’observation et le fait de les noter.

Et maintenant ?

Eh bien, Harmonie, je crois avoir parler de tout ce qu’il me semblait important de connaitre sur cette méthode. Est-ce que je m’en suis pas trop mal sorti au final ? Mystère ! Je suis curieuse de savoir ce que mes lecteurs (aussi peu nombreux qu’ils soient) en pensent. Alors avez-vous des questions, remarques, connaissez-vous d’autres techniques naturelles de contraception ?

 

Ellega

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